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Remonter aux sources

Des origines lointaines font remonter la fête des Mères et de la maternité à des traditions légendaires de l'Antiquité par leur rapport avec les célébrations printanières accordées aux déesses de la fertilité chez les Grecs et les Romains. L'exemple de Rhéa, mère des dieux et aussi mère de Zeus, à qui les Grecs consacraient trois jours de festivités chaque printemps, ou encore les célébrations des «Matralia», ces femmes et mères honorées par les Romains, évoquent ce rapprochement.

De même, la Vierge Marie, mère entre toutes les mères pour les Chrétiens, jouit d'un culte particulier. Un hommage lui était rendu à ce titre, le quatrième dimanche avant Pâques, où des cadeaux, des fleurs et même des bijoux ou des métaux précieux lui étaient offerts. Bien ancrée dans les coutumes québécoises parvenues jusqu'à nos jours, la tradition du mois de Marie durant tout le mois de mai témoigne de ce culte rendu à la Vierge.

Par ailleurs, en Angleterre, la tradition du Mother's Day, appelé aussi Mothering Sunday, célébrée le quatrième dimanche du Carême, est pratiquée dès le XVIe siècle. En cette journée consacrée aux mères anglaises, les enfants venaient assister aux réunions familiales, les bras chargés de fleurs en témoignage d'affection. Aussi, il était coutume pour le fils aîné d'emporter un gâteau spécialement décoré pour la circonstance et des biscuits fabriqués d'après une recette traditionnelle. Les filles s'occupaient des travaux domestiques pour que la mère puisse se reposer après le service religieux dominical.

Un peu d'histoire

Les soldats américains postés en France pendant la Première guerre mondiale (1914-1918) envoient des cartes vers les États-Unis pour souligner la fête des Mères. Après la guerre, les Français s'approprient la coutume américaine et en font un incitatif pour promouvoir la natalité et le repeuplement de la France. Au début des années 1920, l'Alsacien Camille Schneider s'emploie à faire reconnaître la fête des Mères à la grandeur de la France par l'intermédiaire du milieu scolaire. Pour souligner cette fête, les instituteurs incitent les élèves à fabriquer un objet ou à écrire un compliment pour honorer leur mère. En 1926, après cinq ans de démarches, Schneider réussit à faire adopter un décret ministériel qui officialise la fête et la fixe au dernier dimanche du mois de mai. Contrairement à l'Amérique et à la plupart des pays d'Europe, la France ne peut retenir le deuxième dimanche de mai puisqu'il souligne déjà la fête de Jeanne d'Arc, grande héroïne française. Une déclaration du Maréchal Pétain faite en 1941, en pleine occupation allemande, à l'effet que l'on prenne chaque année une date pour honorer les mères, contribue à la popularité grandissante de cette fête qui est l'objet d'une loi en 1950. La petite histoire de cette fête rapporte qu'un autre grand homme d'état, Napoléon lui-même, aurait évoqué en 1806 la création d'une fête des mères au plan national.

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